Animale et pas banale, l’expo de Laurent Baheux est à découvrir en ligne

A l’occasion de la présentation de son exposition virtuelle « Quand l’animal inspire la langue », nous avons parlé photographie, autruche et confinement avec Laurent Baheux.

Talent et engagement, voilà deux mots qui résument bien le travail de Laurent Baheux. Le photographe, dont on admire depuis plusieurs années les clichés en noir et blanc de la faune libre et sauvage, a eu la bonne idée de créer une exposition virtuelle intitulée « Quand l’animal inspire la langue ».  « Malin comme un singe » ou « monter sur ses grands chevaux » sont quelques-unes des expressions qui l’ont inspiré. En se penchant sur leurs origines, Laurent Baheux a opéré une sélection de photos – les siennes – et de textes empruntés à divers auteurs, de Boris Vian à Eddy Mitchel en passant par Karadoc de la série Kaamelott. Le tout donne une dimension singulière à notre langage courant.

Accessible en quelques clics via le site laurentbaheux.com, cette galerie en ligne est à découvrir jusqu’au 20 décembre. En 8 minutes, temps estimé de la visite, laissez-vous guider sur fond de musique jazzy dans un parcours fait de mots et d’images. Plus de 1000 visiteurs ont vécu l’expérience à l’heure où nous écrivons ces lignes …

Zoohey :  « Quand l’animal inspire la langue » : pourquoi avoir choisi ce thème ?

Laurent Baheux : L’animal est le thème principal de mon travail photographique en noir et blanc. Je réalise des portraits et des scènes du quotidien des animaux avec une approche esthétique plutôt que documentaire.

Cette deuxième exposition virtuelle que je présente sur mon site internet succède à une première intitulée “JE NE SUIS PAS… ce que l’on dit ou fait de moi” et qui mettait également en avant les animaux mais dans un contexte plus militant avec des articles de presse et des études scientifiques. Cette fois-ci, je voulais valoriser les animaux de façon plus poétique voire humoristique avec cette richesse qu’ils apportent à notre langue. On utilise tous les jours des expressions qui font référence aux animaux mais sans savoir nécessairement leur sens ou leur origine. C’est une sorte d’hommage métaphorique que j’illustre en textes et en images.

« La beauté est un langage universel »

Z. :  Cette exposition peut-elle aussi sensibiliser le public au sort des animaux et de certaines espèces menacées comme l’ours blanc ou la girafe ?

L.B : D’une certaine façon, et c’est une triste réalité, toutes les espèces sont menacées par l’expansion et l’exploitation humaines. Et je cherche en effet à sensibiliser le public au sort des animaux au travers de cette exposition mais évidemment plus largement au travers de mon travail. La beauté est un langage universel et j’essaie autant que faire se peut de montrer toute la beauté du règne animal. Il m’est déjà arrivé que des personnes me disent « je ne suis pas adepte de la photo animalière mais j’aime vos photos d’animaux » ; et ça c’est très enrichissant et encourageant.

« L’autruche n’a pas l’attention et l’affection qu’elle mérite  »

Z. : Est-ce également l’occasion d’apporter un autre regard sur des espèces plus communes, comme les chevaux ou les autruches ?

L. B : Tout à fait. J’aime beaucoup photographier l’autruche qui n’a pourtant pas l’attention et l’affection qu’elle mérite. C’est un oiseau que je trouve photogénique avec de la prestance et de l’amplitude. On peut jouer sur les formes, les postures, les contrastes puisqu’elle est noire et blanche ! C’est un sujet inépuisable.

Z. : La période de confinement que nous avons tous vécue et le contexte actuel de crise sanitaire ont-ils participé au développement de cette exposition entièrement accessible en ligne ?

L.B : C’est pendant la période de confinement que le projet s’est concrétisé. J’avais le souhait de proposer une exposition en ligne depuis quelques temps déjà mais sans vraiment franchir le pas. Le contexte a été un accélérateur car la majorité des expositions et festivals physiques a été reportée ou annulée. Les gens étaient chez eux (moi aussi), plus disponibles et attentifs. J’ai cherché un outil qui me satisfasse où l’on pouvait se promener comme dans une vraie galerie. Ce n’est pas parfait car il faut idéalement disposer d’une tablette ou d’un ordinateur et avoir une connexion internet de qualité ce qui n’est pas le cas pour tout le monde. Mon prochain challenge est donc d’optimiser l’accès de cette exposition pour qu’elle soit visible par le plus grand nombre.


Mini bio

Né en 1970 à Poitiers, Laurent Baheux a débuté dans les années 1990 en tant que photographe pour la presse sportive régionale. A partir de 2002, il se tourne vers l’Afrique, ses paysages et ses animaux. Il commence alors à saisir à travers son objectif la beauté de la faune sauvage. Après plusieurs années de voyage dans la savane, il publie en 2009 un premier ouvrage : Terre des Lions , suivi en 2011 du livre D’ivoire & D’ébène. Photographe engagé pour la cause animale, il devient en 2013 ambassadeur de bonne volonté du Programme des Nations Unies pour l’environnement et participe à la campagne anti-braconnage Wild & Precious. Sa biographie détaillée est à retrouver sur son site. A voir également, le très beau compte Instagram de Laurent Baheux.

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