Tango, chartreux et Eddy Mitchell : les souvenirs de Rolande, 83 ans

Depuis un petit village niché dans l’Hérault, Rolande a accepté de partager avec nous ses souvenirs, liés de près ou de loin à son amour pour les animaux, fil rouge de son existence.

Zoohey : D’aussi loin que vous vous souvenez, avez-vous toujours aimé les animaux ?

Rolande :  Ah oui, surtout les chiens. Même si quand j’étais jeune, j’ai surtout vécu avec un chat, un chartreux. C’était un petit félin au caractère très doux, une vraie bonne pâte.

Z. Quels sont vos souvenirs liés à ce chat ?

R. Quand j’avais 15 ans, plus d’un an après le décès de ma mère, mon père s’est remarié. Ma belle-mère, Simone, sa fille Françoise, et son chat sont ainsi rentrés dans ma vie. On a vécu ensemble à Noisy-le-Sec, pendant sept ans. Après, nous les filles, avons fait notre vie. Françoise a quitté la maison et elle s’est mariée avec Eddy Mitchell !

Z. Vous avez connu Eddy Mitchell ?!

R. Oh oui, pendant un petit moment, lorsqu’il fréquentait Françoise. Je suis même allée à leur mariage. A l’époque on l’appelait Claude (NDLR : le vrai nom du chanteur est Claude Moine), il faisait encore partie du groupe Les Chaussettes noires. A son mariage il avait d’ailleurs bien pris soin de mettre des chaussettes noires, pour le clin d’œil. Je me souviens aussi qu’il avait chanté une jolie chanson, exprès pour Françoise. Je garde le souvenir d’une personne vraiment sympa, discrète, mais qui savait aussi se faire respecter !

Z. Est-ce que vous vous souvenez du premier animal que vous avez adopté ?

R. Oui, il s’appelait Tango. C’était un Spitz nain, ou loulou de Poméranie. On l’avait acheté à Paris, dans une animalerie, avec mon fils Bruno. Quinze jours avant, nous avions acheté un petit chat sur les quais de la Seine, mais un matin il est mort du typhus. Bruno pleurait et il semblait inconsolable. L’après-midi même, nous étions dans l’animalerie pour choisir Tango. Il était vraiment petit, il devait avoir à peine 1 mois et demie. Dès le début Bruno s’en est beaucoup occupé. L’idée d’avoir un chien en appartement ne plaisait au départ, pas beaucoup à mon mari, Fernand. Puis il a rapidement adopté Tango. Nous avons vécu 18 ans avec ce chien, de 1970 à 1988 !

Z. Tango, s’est aussi le souvenir d’une vie parisienne ?

R. Oui ! Tango, c’était Paris, le Bois de Vincennes pas très loin de notre appartement, situé près du métro Picpus au 31 rue Saint-Mandé, Square de Courteline. On s’est marié en 1959, et nous avons vécu là dans les années 60 et 70. Il paraît que le quartier n’a pas tellement changé depuis … J’ai beaucoup de bons souvenirs de cette vie parisienne. C’était bien différent du petit village dans lequel j’habite aujourd’hui. Mais j’aurais trop de mal à retourner vivre là-bas maintenant, ça bouge trop pour moi !

” Je ne regrette pas d’avoir pris Liza. Ça me fait quand même une présence. La nuit par exemple, elle dort sur mon lit. “

Z. Après Tango, vous avez adopté d’autres chiens ?

R. Oui, j’ai eu trois chiens après Tango. Mon dernier était un caniche gris, China. Elle était très gentille. Elle est morte d’un cancer du foie. Après elle je n’ai plus eu de chien.

Z. Pourquoi ?

R. J’avais peur de ne plus pouvoir m’en occuper correctement. J’ai 83 ans, je vis seule et j’ai de plus en plus de difficultés à marcher. Mais mon fils voulait que je prenne un animal, pour ne pas être seul, et il m’a conseillé de prendre un chat, tout comme ma voisine Joëlle. J’ai fini par adopter Liza, une petite chatte de 5 ans, trouvée via une association sur internet. Entre elle et moi ça s’est bien passé depuis le début, et elle s’est rapidement adaptée à la maison, même si elle griffe mon fauteuil en velours.

Z. Est-ce qu’elle nécessite beaucoup de soins ?

R. Chaque matin je lui donne à manger, elle est servie en premier, avant que je ne prenne mon propre petit-déjeuner ! Puis je m’occupe de sa litière. Mais je ne peux plus me déplacer pour aller chez le vétérinaire. Je l’ai amenée une fois quand j’avais encore la voiture. Aujourd’hui, si elle retombe malade, ou a besoin d’un soin, je ne saurais pas comment faire. Et si je ne parviens plus du tout à me déplacer dans les années futures, je ne sais pas comment on pourra continuer à cohabiter. Mais je ne regrette pas d’avoir pris Liza. Ça me fait quand même une présence. La nuit par exemple, elle dort sur mon lit.

Z. Ca vous change de vos expériences avec les chiens ?

R. Ca n’a rien à voir. Liza n’aime pas trop qu’on la caresse. On ne peut pas vraiment parler de relation, en tout cas c’est vraiment différent d’avec un chien. Liza dort beaucoup, de quatre à cinq heures dans l’après-midi, et elle ne se laisse pas aborder facilement. Mais elle écoute tout ce que je lui dis. En ce moment par exemple, je suis au téléphone et elle écoute, je crois qu’elle sait que je parle d’elle. Elle aime bien quand même être le centre de l’attention. Quand on a pris des photos d’elle, elle a fait sa belle, elle s’est roulée sur la table, elle a pris la pause. Visiblement, elle a plutôt aimé l’expérience !

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